Le trek au Ladakh, Vallée de la Markha, août 2014 (partie 2)

Jour 4 : Skiu – Markha, 8h de marche (à faible allure)

Mes genoux vont encore mieux que la veille quand je marche à plat mais je les sens rapidement à la moindre variation de terrain.

Devant l’incompétence de notre guide, notre hôte nous informe que nous pouvons toujours bifurquer et finir par un baby trek : une randonnée dans la vallée sans aucun col à passer et avec un dénivelé très faible. Le guide finit par trouver le numéro de l’agence pour que l’on puisse organiser autrement la fin du trek. C’est la douche froide : le gérant nous dit que la seule option est de finir le trek, qu’il ne veut pas arranger une excursion avec la somme non consommée qui resterait, que c’est de ma faute, il demande des surplus exorbitants, bref un bel arnaqueur. Nous finissons quasiment par lui raccrocher au nez devant le dialogue de sourds qui s’installe. Nous ne voulons surtout pas lui laisser une roupie de rab et décidons de continuer le trek comme prévu, si ma douleur ne se calme pas nous ferons tous simplement demi tour et ce sera retour à la case départ ; mais nous tenons à passer la semaine dans les montagnes.

Une ambiance très pesante s’installe sur les premières heures de marche de la journée, je rumine, je rumine mais finalement la beauté des paysages l’emporte ! Nous atteignons le village que nous aurions dû atteindre la veille, il est seulement 13h, la douleur est supportable et nous décidons de continuer et de rattraper notre retard. Je ne porte toujours pas mon sac et avec l’aide des bâtons nous finissons par atteindre le village de Markha (3 700 m d’altitude) sur les rotules (c’est le cas de le dire !). Il est évident que je ne pourrais pas faire la descente après le second col, quand soudain une idée de génie nous frappe : je n’ai qu’à finir le trek à cheval !

Le soir même Johan se met en quête d’un cheval, nous sommes chanceux, il rencontre un poney man qui a un cheval en trop. Il est d’accord pour nous le louer jusque la fin du trek ! La chance est décidemment avec nous quand nos hôtes décident de cuisiner au moins une centaine de momo ! Après avoir très mal commencée, cette journée s’achève dans le soulagement et la joie ! Je culpabilisais vraiment à l’idée de priver Johan du deuxième col et j’étais très frustrée d’être responsable de l’arrêt du trek alors que je commençais à apprécier notre quotidien de randonneurs.

Une fois encore nous nous couchons très tôt, de manière générale nous nous couchons toujours avant 21h ! Et nous réveillons entre 6 et 7 h. Quand nous arrivons tôt, nous faisons notre lessive dans le torrent (enfin Johan s’en occupe et je sieste un peu !), nous lisons, Johan écrit ses mémoires, je prends des photos de tous les animaux et paysages qui nous entourent, nous regardons comment se prépare la cuisine locale en buvant du thé, nous essayons de nous débarrasser un peu de notre guide pot de colle !

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Jour 5 : Markah – Hankar, 4 h de marche (à cheval !)

Le matin nous nous rendons au campement qui jouxte notre maison. Certains choisissent de faire le trek avec option camping de luxe : avec un horse man/guide, un « boy », un cuisiner et une ribambelle de chevaux pour transporter tout le matériel (tente, matériel de cuisine, sac à dos,…). Cette option est idéale pour être encore plus proche de la nature et avoir la sensation d’être seuls au milieu des montagnes, l’inconvénient c’est que l’on est moins au contact des ladakhis, le prix est également bien plus élevé.

Je fais donc la rencontre de Bichette, qui sera ma partenaire jusqu’à la fin du trek ! Le soulagement hier soir était tel que je n’avais pas vraiment réalisé que j’allais être sur un cheval sur les petits sentiers caillouteux et à flancs de montagne, la pression monte nettement !

La selle est plus que rudimentaire, un socle en bois avec une grosse couverture par-dessus, je n’aurais certes plus mal aux genoux, mais mon postérieur prend le relais !

Comme la veille, nous longeons la rivière dans la vallée, à part quelques traversées de rivières ou je m’accroche sévèrement à la selle, Bichette marche au pas en suivant religieusement les autres chevaux.

J’en profite pour faire pas mal de photos !

Nous arrivons en début d’après midi, très contents de cette alternative, qui va nous permettre de finir le trek comme prévu !

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Jour 6 : Hankar – Shukimo

C’est la dernière grosse journée du trek avec la traversée du deuxième col Konmarula qui culmine à 5 150m, encore une fois un gros dénivelé puisque nous partons et revenons à 3 700m. Qu’importe Bichette est là !

Nous démarrons à 7h du matin, nous le ne savons pas encore mais la journée va être longue puisque nous arriverons à 19h !

Nous voyons vraiment le paysage évoluer, la vallée est plutôt verte, des petits villages, des champs, et la Markha qui nous accompagne, plus nous montons plus la température diminue, la végétation se fait de plus en plus rase, il n’y a plus d’habitation, ni de culture. Nous voyons plusieurs marmottes et tikas (qui ressemblent à des marmottes de la taille d’un hamster !).

Le cheval peine un peu dans la montée, je dois en descendre de temps quand la montée devient trop escarpée et pour faire les 100 derniers mètres avant le col (sachant que j’ai chillé de 7h à 14h je ne peux pas me plaindre !), C’est quand je descends du cheval et en devant marcher que je réalise que l’air s’est vraiment raréfié.

Sur le chemin, le guide m’informe que dans un village voisin tous les cheveux se sont fait dévorés par des loups le mois dernier.. Nous avions effectivement vu des pièges à loup sur le chemin, mais je pensais qu’ils dataient d’un ancien temps ! Les pièges à loups ne sont pas comme les nôtres, il s’agit d’une construction en pierre qui aurait la forme d’un igloo sans la partie supérieure, les villageois y mettent un animal les loups sautent dans le trou mais ne peuvent en ressortir et s’y font lapider. J’ai désormais peur de boire du thé le soir, les toilettes étant à l’extérieur de la maison, l’expédition nocturne me terrifie !

Johan commence à ressentir de plus en plus son tendon d’achille, mais continue bravement ! La descente est tellement raide que je ne peux pas être sur le cheval, nous en profitons pour la charger avec nos sacs à dos. Je descends très lentement afin de ménager mes genoux. Après 3h de descente plutôt ardue, je peux enfin remonter sur le cheval. Ce cheval est véritablement tout terrain, nous traversons des ruisseaux, elle marche sur des galets vraiment casse gueule, nous descendons et escaladons des chemins parfois très raides, très fins et accidentés. Je faisais une confiance plus ou moins aveugle au cheval, même quand j’étais très impressionnée je me disais que ce cheval avait fait le chemin des dizaines de fois. Je perds nettement ma confiance aveugle quand nous voyons au fond d’un ravin le cadavre d’un cheval, manifestement tombé quelques jours plus tôt. Nous arrivons exténués, (bon ok Johan plus que moi !) dans ce qui sera notre dernière guesthouse.

Nous avons le droit à une soupe tellement épicée que je me réveille le lendemain avec ma bouche qui a doublé de volume ! (Nono même combat que la banane srilankaise !).

Le guide a posé mon sac dans une flaque d’eau à l’arrivée de la guesthouse, une partie de mes affaires est trempée, il est vraiment temps qu’on se sépare.

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Jour 7 : Shukimo – Shang – Leh

Notre dernier jour est très bref, nous avons fait le plus dur la veille. Je peux quasiment tout faire à cheval, c’est le bonheur ! 3h de rando et nous arrivons au dernier village étape où un chauffeur est venu nous ramener à Leh, 1h de voiture. Nous sommes contents de rentrer, pouvoir ENFIN se doucher, quitter notre guide qui nous insupporte, changer de fringues, cela fait 3 jours et deux nuits que j’ai exactement la même tenue, sans se changer la nuit. Et à la fois triste de quitter notre quotidien dans les montagnes, le cheval sans qui rien de tout ça n’aurait été possible, le contact avec les ladakhis, les paysages magnifiques, le silence, la joie d’arriver en haut des cols.

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Si prochain trek il y a, celui-ci sera tout de même plus court je pense !

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