Cinéma indien – Bollywood, 1/2

Depuis que nous sommes indiens d’adoption, nous avons beaucoup appris sur l’hindouisme, la culture, les traditions,… ne manquait plus que le cinéma ! Je voulais initialement faire un article concernant plusieurs genres du cinéma indien, mais je ne veux pas faire de raccourcis sur le cinéma Bollywood qui est bien plus complexe qu’il n’y parait.

De France on a tendance à assimiler tout le cinéma Indien à du Bollywood, que nenni ! « Bollywood désigne le cinéma en langue hindi, Kollywood le cinéma en langue tamoul (celui dont la sensibilité est la plus politique), Tollywood le cinéma en langue bengali (la langue du cinéma d’auteur). Ces cinémas sont très différents des uns des autres, c’est comme si l’on considérait l’Union européenne comme une seule nation, à part entière, et chacun de ses pays membres comme un État. Nous parlerions alors d’un cinéma européen comme du cinéma indien, même si le cinéma grec n’a rien à voir avec le cinéma suédois. ». Dans cet article, je catégorise les films comme étant Bollywood lorsqu’ils sont long, qu’il y a beaucoup de danse et de chant, je suis très loin d’être une cinéphile avertie, les experts du domaine auraient certainement beaucoup de chose à reprendre, mais j’avais envie de livrer ici ces quelques impressions. Les bases étant posées, je continue !


Ce cinéma indien évoque quelque chose à tout le monde : c’est long, beaucoup de paillettes, de couleurs, de chants et de danses autour d’intrigues parfois un peu simplettes et surtout de l’amoouuur !

      devdas-cannes hny

Oui, mais pas que. En fait, j’ai été plutôt choquée par les derniers films que j’ai vu.

On retrouve dans ses massala movies des réalités concernant la société indienne dont on ne prend pas la pleine mesure en tant qu’étrangers : le sexisme affolant, les violences physiques faites aux femmes, les mariages arrangés, le racisme, l’homophobie et j’en passe. On sait que cela existe en vivant ici, mais j’ai été plus que surprise de voir ces scènes complètement banalisées au cinéma. Ces éléments font tellement partie du quotidien d’une partie de la population que nombre de spectateurs ne jugent pas ces scènes comme étant choquantes.

Dans Happy New Year par exemple, film sorti fin 2014, le personnage principal parle de manière très méprisante à la prof de danse qui s’offusque à peine 3 minutes avant d’accepter d’aller coudre les costumes de la troupe et de leur préparer le repas.. Ils finiront bien sûr ensemble alors que pendant 3 heures de film son élu lui répète qu’elle est bête, émotive, et qu’elle n’a en aucun cas son mot à dire. Dans Devdas, le personnage principal frappe au visage sa fiancée pour qu’elle garde à vie la marque de son amour : pas vraiment de réaction de la part de la fiancée en question qui est en fait plutôt émue par cet acte. Plus tard dans le film, Devdas fait clairement comprendre à une femme qu’elle n’a pas d’existence propre en dehors d’être une épouse/mère/soeur. Et pourtant ce film est un monument du cinéma indien, si vous voulez, du kitsh, des costumes ahurissants, de la danse, je ne peux que vous le conseiller. Mais ces quelques scènes choquantes comme cité ci dessus donne un goût un peu amer à ce film magnifique, tout comme son actrice principale qui est une ancienne Miss Monde. C’est un peu long, mais cela permet de faire un voyage dans le temps et surtout surtout de réaliser l’impact des traditions sur les grandes décisions du quotidien indien.

Concernant l’homophobie ambiante, je vous conseille de lire cet article.


Ces scènes sont noyées par des couleurs, des blagues, des danses mais le message véhiculé n’en est pas moins choquant et il est grave que de telles scènes soient complètement banalisées étant donné l’impact de ces films. Le cinéma est extrêmement populaire en Inde et le prix de la place permet à n’importe qui d’aller voir ces films au cinéma. Les films Bollywood encouragent énormément la vision de la femme-mère/épouse/soeur, qui se doit d’être soumise à son mari et rester à la maison. Ces films contribuent également à perpétrer le poids des traditions : la dot, l’importance de faire un bon mariage et d’avoir ensuite de nombreux fils. A l’heure où dans des états très traditionnels comme le Punjab, 700 petites filles naissent pour plus de 1000 garçons, il est temps de commencer à promouvoir l’idée d’une femme indépendante, autonome, qui ne se définit par rapport à tous les hommes qui existent dans sa vie et qui se libère peu à peu du poids des traditions.

Heureusement ce cinéma existe aujourd’hui, prenons pour exemple le film Queen sorti l’année dernière. C’est l’histoire d’une fille qui se fait planter la veille de son mariage et qui décide de rebondir en partant toute seule pour son voyage de noces à Paris et Amsterdam. L’itinéraire d’une jeune femme qui se libère, s’assume et qui réalise qu’elle est bien plus forte et indépendante qu’elle (ou que la société) ne le pensait. Un message ultra positif pour toutes les femmes indiennes et qui a fait un carton. En discutant avec mes collègues, je réalise que la place de la femme est en train d’évoluer tout doucement dans les mœurs et que ce genre de film ne peut que pousser dans le bon sens.

maxresdefaultImpossible de parler Bollywood sans parler d’Aamir Khan, la superstar indienne. J’ai vu deux de ses films : Trois idiots et Des étoiles sur la terre. Deux films un peu longs et surjoués mais qui ont également le mérite d’aborder de véritables problèmes de société (la pression familiale pour faire carrière et les difficultés rencontrées par tous les gens qui ne rentrent pas dans le moule).

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Le cinéma a clairement un rôle éducatif à jouer, certains réalisateur en ont conscience et profite de ce média pour faire avancer les choses, et c’est sur ces derniers que je vous conseille de vous attarder.


Mes sources :

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