Cinéma indien – 2/2

Parce qu’il n’y a pas que des massala movies en Inde voici une petite sélection des derniers films que j’ai vu !

La cité de la joie, c’est un film qui date un peu (adapté d’un livre de Dominique Lapierre), mais le message est malheureusement le même 20 ans plus tard. L’histoire se déroule à Calcutta, la ville de la misère indienne par excellence, on y suit le quotidien d’une famille qui fuit l’état du Bihar et de sa pauvreté pour venir travailler à Calcutta. On souffre avec ce père qui devient rickshaw walla (à pied, en courant), on comprend mieux à quel point la dot d’une fille est un problème pour les familles pauvres et les sacrifices que cela requiert, on comprend également la main mise des mafias locales sur toutes ces petites gens maintenues dans la misère pendant que d’autres s’enrichissent sur leurs dos. Ces sujets m’ont vraiment retournés. Le mythe du médecin américain qui ne comprend rien et qui vient trouver une spiritualité en Inde est un peu surfait, mais on se retrouve aussi dans ces interrogations : pourquoi les pauvres ne se soulèvent-ils pas ? pourquoi se laissent-ils traiter ainsi ? ils ont tout de même l’avantage du nombre et sans eux la ville serait rapidement bloquée.

Salaam Bombay !, film de 1988, qui décrit le quotidien des enfants des rues de Bombay. L’exploitation des enfants et plus généralement de l’homme par l’homme, la misère urbaine, l’univers de la rue à Bombay, les flics inutiles et corrompus, les plus pauvres et les plus riches qui se côtoient, la prostitution, la survie quand on a à peine 10 ans. Film poignant, qui décrit un univers qu’on n’imagine même pas et dont on réalise rapidement que ces gamins n’en sortiront jamais. Les acteurs sont de vrais enfants des rues, 80% du film à été tourné dans les rues de Bombay, ceci aboutit a beaucoup de réalisme. A voir avant de s’exclamer sur les sourires des enfants des rues, de visiter des bidonvilles en vantant les couleurs et la profusion de vie…

Trishna, film beaucoup moins grand public, on en ressort un peu démoralisés : en tant qu’occidentaux on sous estime de loin l’impact des traditions et des castes sur le quotidien mais également sur les choix de vie. C’est l’histoire d’une jeune femme qui essaye justement de sortir de ce schéma, qui ose, qui espère et pour qui l’aventure s’achève dans la douleur.

Gandhi, le film à regarder pour nous qui habitons l’état qui l’a vu naitre. Cela permet d’avoir un bon aperçu de sa vie, ce qu’il a fait pour l’Inde et dans quelles conditions. C’est un film à voir avant d’aller visiter son ashram (à quelques km de chez nous). Il a presque un statut de dieu aujourd’hui, il est sur tous les billets, toutes les villes ont des routes/rond points/aéroports à son nom, mon ONG est d’inspiration gandhienne, il y a des écoles d’économie gandhienne, bref il rythme encore le quotidien de l’Inde et c’est important d’en savoir plus sur le personnage quand on vit ici. J’ai lu un article très intéressant dernièrement sur le blog de Chouyo sur le statut de Gandhi en Inde et le livre qui est sorti il y a quelques temps sur son côté un peu caché, à lire ici.

Slum Dog Millionaire, qu’on ne présente même plus ! Un peu controversé, beaucoup de raccourcis et de clichés, mais quand même plutôt sympa à regarder ! La bande son est devenue culte !

Forest of Bliss, reportage de Robert Gardner. Je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou non ! C’est un documentaire sans voix off ni sous titre sur Bénarès dans les années 80, alors vide de touristes. On ne comprend pas toujours ce qu’il s’y passe, on se laisse parfois entrainer par le spectacle et des fois on se demande vraiment ce qu’on est en train de regarder et c’est frustrant de ne pas avoir d’explications ! C’est un des premiers documentaires anthropologiques, pour plus d’analyses, voir ici.

L’Inde fantôme, documentaires en plusieurs épisodes de Louis Malle à la fin des années 60. Cette série est un carnet de voyage, avec les mots du réalisateur en voix off, sur ces 6 mois passés dans le sous continent. Ce documentaire est le témoignage de la fascination de l’homme pour ce qu’il voit et qu’il ne comprend pas toujours plus qu’il n’est explicatif. C’est très intéressant de voir ces images de l’Inde des années 60, on a le premier sentiment que peu de choses ont changées : les élites bien à l’abri, la misère urbaine, la négociation constante, la vie des champs, les marchés survoltés, le sourire et la curiosité des indiens, la religion, le yoga, les grands chefs d’entreprises avides et méprisants, la pollution, la beauté des paysages, l’architecture coloniale de Bombay, le style vestimentaire.. et pourtant le pays s’est industrialisé à toute vitesse depuis, la société de consommation s’est installée, le nationalisme hindou est plus que jamais d’actualité avec Modi remettant en question la cohabitation presque pacifique des religions, le tourisme est beaucoup plus populaire.. Je m’arrête là mais c’est marrant de pouvoir faire les comparaisons avec l’Inde d’aujourd’hui au fur et à mesure des épisodes !

A bord du Darjeeling Limited, bizarrement je n’ai pas adoré ce film. Je l’ai trouvé un peu long, esthétiquement beau comme d’habitude avec Wes Anderson (cf la photo de couverture), mais loin de ce que je vis ici, j’imagine que ce n’est pas le but non plus mais je n’ai pas accroché. Le film reprend tous les clichés de l’occidental en Inde, c’est un peu lourd et long.

Il me reste encore quelques films à voir : Lunch Box, Om Shanti Om, Mother India, The day my god died, Ugly, Siddarth. Si vous avez des recommandations, je suis preneuse !

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3 réflexions sur “Cinéma indien – 2/2

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